
SANS AU REVOIR



Je ne suis qu’un étranger
Dans un pays étranger
Qui me croise le matin et le soir
Pour me donner un pourboire
Pour me rappeler que je suis un étranger

Je suis arrivé par hasard
Dans le pays des hasards
Mais je veux bien croire
Et garder espoir
Que mon destin n’est pas du hasard



J’en étais malade
De laisser mes amis, mes camarades
J’aimerai un jour les revoir
J’aimerai un jour pouvoir
Me réfugier sous les arcades

Je pleure chaque matin
Et le soir j’ai du chagrin
Parce que je ne peux plus voir
Je ne peux plus apercevoir
Ni le port ni le marin

J’ai laissé mon soleil
Ma dignité et mon orgueil
J’ai voulu revenir et boire
Ton eau et te voir
Mais en face de moi se dressait une muraille

Loin de mes pairs, loin de mes amis
Je n’ai plus de buts, plus de paris
Je ne peux plus me voir
Je ne peux plus concevoir
Ma vie à Bordeaux ou à Paris

Loin de tout je n’ai rien
Loin de toi je ne suis rien
Parti sans dire au revoir
Je n’ai même pas le courage et le devoir
De dire que je ne sers à rien

Les souvenirs sont derrière
Ma vie est en marche arrière
Elle cherche un isoloir
Une lumière, un couloir
Pour remonter le temps et revenir à hier

Je suis triste et désolé
De t’avoir fatigué et ignoré
D’avoir oublié mes devoirs
Sans que je puisse le savoir
Mais ne dit-t-on pas qu’aimer c’est pardonner

Je te tends ma main
Pour me guider dans mon chemin
Retrouver mes souvenirs, mes histoires
Et parce que je n’ai jamais dis au revoir
Ce jour où je suis parti au petit matin




