BLESSE...

Photo: Film "L'opiôm et le bâton"
Blessé dans ma chair,
Je vous ai laissé ce que j’ai de plus cher,
Ma vie, mon pays, mes repères,
Je vous ai abondonné les collines et les rivières,
Et je suis parti sur une civière.
Torturé dans mon âme,
Emprisonné dans mon drame,
Vous avez volé mon Salam,
Vous avez assassiné mon imam,
Vous avez tué sans état d’âme.
Comme les pieuvres,
Il n’y a pas de courage dans vos œuvres,
Il n’y a pas de dignité dans vos manœuvres,
Vous ne laissez ni traces ni preuves,
Vous laissez des cadavres et des veuves.
Avec quelle logique avez-vous fait cela ?
Pour quelle politique vous tuez comme ça ?
Vous avez prémédité de passer par là ?
Pour tuer tout un peuple, pour tuer le papa ?
Pour tuer l’enfant avant qu’il ne dise mama ?
Vous avez provoqué mon calme,
Le jour où le sang a coulé, et aujourd’hui il réclame,
Justice et plus jamais de drames,
Le peuple lui n’a plus d’âme,
Il ne veut ni chahut ni vacarme.
Je vis tout cela mal,
Je me sens sale,
Dans ma chair et je râle
Mais mon esprit cale
Devant tant de mal
Je le vois tomber et mourir,
Tomber et sourire
Je le vois courir,
Dans un grand champ et parcourir
Son pays en voie de pourrir.
Mon oncle, on l’a tué,
Mon oncle, il a sué,
Toute sa vie il n’a jamais nié,
Qu’il aimait ce pays otage et muet,
Mais à qui son cœur était lié.
Moi, je n’ai pas pardonné,
Moi, je ne peux pas pardonner,
Car le meurtre a été ordonné,
Et donc j’ai ordonné,
A ce que la vérité me sois donnée.




